Family Business
le nouvel épisode pas banal de la saga Elisa.

Family Business le nouvel épisode pas banal de la saga Elisa.

Note préliminaire : toutes les informations présentées dans cet article sont publiques et disponibles. Il n’y a donc aucune information confidentielle ou protégée dans cet article. Il ne s’agit donc que d’un exercice de transparence qui devrait être la normalité quand il s’agit de la gestion des deniers et du patrimoine publics.

Depuis plusieurs mois, on nous vend Élisa Aérospace comme une véritable initiative philantrophique.
Et pendant qu’on supprime des espaces verts partout dans la ville, voici qu’on défriche des zones classées naturelles appartenant à la ville… pour les beaux yeux d’Élisa.
Et pendant que certains habitants demandent des permis de construire qui ne sont pas instruits et/ou bloqués, Élisa obtient carrément une modification du PLU!… que les yeux d’Élisa doivent être convaincants.
Et puis les illacais sont priés, au jour de la publication de cet article, de bien vouloir apporter leur contribution supplémentaire en offrant le gîte et le couvert à ces étudiants parachutés à la demande expresse de la mairie.

Ah si on avait droit à une telle mobilisation pour les personnes fragiles de Saint-Jean-d’Illac, pour les réfugiés, etc… non, non. Dans le budget communal, on en est même à baisser les subventions du Centre Communal d’Action Sociale. Bref.
Vous comprenez, ça n’a pas le même prestige.

Pour que les choses soient claires, je n’ai rien contre le projet d’Elisa en tant que tel. Je suis même plutôt désolé que cette initiative se retrouve prise à partie, peut-être malgré elle. Je n’ai rien contre les personnes qui veulent la mettre en oeuvre et la développer. Même si les attendus, les tenants et aboutissants sont surprenants. Et ce, depuis plusieurs mois.

Je désapprouve en revanche l’utilisation qui en est faite par le Maire pour sa promotion personnelle en impliquant des moyens municipaux et le patrimoine de la commune, dans la plus grande confusion des genres, quand les associations illacaises, sincèrement administrées par des bénévoles sont mises à la diète.
Je trouve étonnant qu’aucune précaution ne soit prise quant à l’histoire de cette structure, ce qu’elle prévoit de faire et l’état réel de ses finances pour un projet d’envergure, qui pourrait bien rester sur les bras des illacais comme ce fut déjà le cas dans d’autres contrées.
Je trouve enfin déplacée, la fable qui nous est vendue depuis des mois par Hervé Seyve en faisant croire à une mobilisation générale au bénéfice d’une « école »: l’Éducation serait son cheval de bataille. Et pourtant…
Pourtant dans le même temps, il traite au plus mal les écoles élémentaires dont il a pourtant réellement la responsabilité : retards dans les travaux, enfants relégués dans des Algeco, obligation de traverser la route pour les maternelles, peu ou pas d’aménagements routiers aux abords des écoles. Bref une liste…  à la Prévert. Et alors même qu’on refuse aujourd’hui encore l’inscription de jeunes enfants dans les écoles illacaises parce qu’ils n’ont pas le bon pédigrée.

Bref, je suis en désaccord quand on veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes: à date, on mobilise des moyens municipaux pour ce qui n’est qu’une banale école privée. Et cela pose des problèmes, éthiques, juridiques et financiers.

 

Alors quand on annonce sur le site même de Élisa, que « Dans un cadre paysager exceptionnel, les élèves ingénieurs pourront emprunter le réseau sécurisé de pistes cyclables qui borderont l’école jusqu’au centre de Saint-Jean-d’Illac. De plus, le campus sera desservi par les transports en commun et par une navette régulière allant jusqu’à la gare de Gazinet-Cestas. » (source: site Internet Elisa) qui sont autant d’équipements que les illacais attendent depuis des années, je me demande si c’est de la pub fictive pour des aménagements espérés ou si cela correspond à une promesse que le Maire ferait de faire d’abord aux habitants qui quotidiennement vivent l’enfer des transports.
Et puis, quand sur le site même de la future implantation, on annonce un prochain défrichement de 2, 0294 hectares (on parle bien de plus de 20000 m2!), on est en droit d’aller regarder d’un peu plus près pour vérifier la dimension philanthropique et engagée avec laquelle Hervé Seyve, maire actuel, tente de nous faire avaler ce projet.
Et vous allez voir… on n’est pas déçu!

“Horizon pas net, reste à la buvette.”

Tout part donc d’un nouveau défrichement (et d’une révision du PLU). Une autorisation préfectorale de défrichement est accordée. Mais pas à l’association Élisa Aérospace. Non… À une SCI (Société Civile Immobilière). Tiens donc…. La SCI Horizon Elisa.
Et là, on se dit que l’association (personne morale), pour être prudente, a décidé de créer une SCI pour limiter les risques et séparer les fonctions. Hummm… presque… enfin pas tout à fait….

Rappelons à ce stade que ce qui différencie une association (qui demeure une structure de droit privé) d’une entreprise c’est un principe intangible et sévèrement réglementé: la gestion désintéressée.

Cela signifie que contrairement à une entreprise « classique », une association a parfaitement le droit de faire des excédents (même si cela ne peut pas être son objectif premier) mais elle n’a pas le droit de les redistribuer entre dirigeants. C’est pourquoi, les dirigeants (président, trésorier, etc…) ne peuvent pas être rémunérés pour leurs fonctions. Une association est donc obligatoirement dirigée par des personnes qui doivent être, directement ou indirectement, parfaitement désintéressées. C’est le principe de la gestion désintéressée. Et, réciproquement, toute personne rémunérée, ne peut disposer d’un rôle de dirigeant dans l’association.

Ces grands principes étant posés, revenons à notre SCI Horizon Élisa.

L’avantage du droit français, y compris le droit commercial, c’est que l’ensemble des informations doivent être publiques. J’ai donc été voir pour vous les statuts de la SCI Horizon Élisa. Ils demandent parfois un peu de décodage mais ils sont savoureux. En tout cas pour qui veut croire la fable de Hervé Seyve. Voyez plutôt…

L’association Élisa dispose de l’organigramme suivant (documenté sur le site même de Élisa):

  • Pour les salariés:
    • Chantal de Turckheim – Directrice Générale
    • Basile Dinety – Directeur financier, Services Généraux et équipements
  • Pour le bureau de l’association:
    • Alexander Gibb – Président
    • Christian Ligier – Secrétaire général
    • l’association, contrairement aux dispositions prévues par la loi ne publiant ni ses statuts (changement de bureau) ni ses comptes, nous n’en savons pas tellement plus. Si ce n’est que sa directrice a régulièrement signé des documents en tant que Présidente. Mais peut-être a-t-elle changé de rôle avec le temps. Ce qui n’augure rien de bon dans la séparation des rôles et des fonctions. Bref.

Les statuts de la SCI nous apprennent d’autres choses:

  1.  L’association Élisa Aérospace apporte l’essentiel du capital dans la SCI Horizon Élisa. 100 000 euros sur 200 000€ de capital initial. Elle prend donc une part significative du risque financier. Alors même que ses comptes ne témoignent pas d’une grande solidité.
  2. Quatre autres personnes apportent le reste du capital (article 6 des statuts) :

Vous avez le sentiment d’avoir déjà vu ces noms quelque part ? Ben oui… juste au-dessus…

S’il est fréquent d’avoir ce « mélange des genres et des fonctions » dans des sociétés et autres holdings, tout cela est évidemment parfaitement à éviter lorsqu’il s’agit de structures dans lesquelles la gestion désintéressée doit primer, telles que les associations.

Un vrai régal pour l’administration fiscale et avec le petit détail savoureux qui ne manquera pas de faire se tordre les neurones aux commissaires aux comptes avisés quant aux conventions réglementées : Alexander Gibb est doublement signataire du bail, en tant que Président investisseur « désintéressé » de Élisa, locataire, et en tant qu’associé plutôt intéressé de la SCI, bailleur.

Tout cela va amener des discussions amusantes : la SCI décide d’augmenter son loyer pour le plus grand intérêt de ses associés. Vous sentez comment le Président de l’association voire sa directrice générale vont avoir envie de s’y opposer ?… bref.

Ah j’oubliais… Le premier gérant nommé est … Basile Dinety. Ça va avoir son importance…

Une ambiance familiale garantie:

« Trouver une école qui me plait, changer de ville, quitter le nid familial pour voler de mes propres ailes, rencontrer des personnes d’horizons différents… » : telle est la promesse de l’école Élisa (voire sur le site internet)… ça ne s’invente pas.

Tiens… « familial », « horizon », « élisa »… vous ne pensez tout de même pas que… non !!! ben si… tout ce petit monde fait école « en famille » ! (On remercie au passage les sites de généalogie).

Si on se résume voici l’état-civil des uns et des autres:

Godefroy Dinety (associé dans la SCI) n’est autre que le mari de Chantal de Turckheim. Basile Dinety (salarié de l’association Elisa et gérant de la SCI) est l’un des 4 enfants de Godefroy Dinety et Chantal de Turckheim.

Bref nous sommes très loin de la fable contée par Hervé Seyve, maire actuel de Saint-Jean-d’Illac : nous sommes sur une banale histoire d’école privée d’une part, d’un projet immobilier spéculatif d’autre part. Voire une bonne méthode de transmission d’entreprise et de biens immobiliers, une histoire d’opportunités économiques et stratégiques. Ce qui est parfaitement acceptable pour une entreprise lucrative, l’est bien moins pour une structure présentée comme une école associative…

Nous sommes en tout cas à des années-lumières des hussards noirs de la République portés par Jules Ferry qui allaient partager leurs savoirs sur les territoires partout en France.

Et pour briller dans quelques médias, Hervé Seyve continue à jouer avec le patrimoine des illacais, à raser des espaces boisés, à faire changer le PLU, tout ça au bénéfice de ce qui n’est qu’une entreprise familiale.

À ceci près que cette école a déjà abandonné les deux sites précédents où elle s’était implantée…
Et manifestement, elle ne fait pas que dans l’école privée… mais souvent dans la fermeture de ses sites d’implantation.
Mais c’est pour un prochain épisode.

En conclusion, un petit clip pour l’occasion… Ne dit-on pas que la musique adoucit les moeurs ?

Un commentaire


  1. Bravo pour l’info et l’enquête qui a été réalisée !
    Dans la nuit la sécurité de la route suivie dépend toujours de l’éclairage!

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