Lui, il sait. Eux, ils suivent. Nous, nous sommes.

Lui, il sait.

Eux, ils suivent.

Eux, ils ont rompu. En décidant de suivre, aveuglement, ils ont rompu.
Ils ont rompu avec nos rêves, notre idéal, nos valeurs, nos principes.
Ils ont rompu avec les engagements. Nos engagements. Pris devant le peuple.
Ils ont pensé être modernes en fracassant ce qu’ils disaient défendre, en trahissant ceux qu’ils disaient défendre. En singeant ceux qu’ils s’étaient engagés à combattre.
En s’attaquant à tout. Tout.
Eux, ils suivent, en pensant qu’un homme, seul, peut avoir raison.
Ce n’est pas de fidélité qu’il s’agit. C’est du rapport au puissant qu’il est question. Du rapport aux puissants.
Alors, il fallait des preuves de cette dévotion nouvelle.
Comme toute preuve au puissant, cette preuve se fait dans l’excès et sur le dos des plus faibles. Des sans-dents. Cruel renversement. Alors ils ont été contre l’avis de ce peuple. Ce peuple qui s’était prononcé majoritairement contre le Traité Constitutionnel d’une Europe libérale. Qu’importe ! Dès le début du mandat confié par le peuple, ils iront à l’encontre de l’avis de ce peuple.
Alors, ils nous ont expliqué que la crise était terrible. Et que rien dans nos fondamentaux n’était finalement à la hauteur de cette crise. Ils ont alors donné pleinement raison à la droite. Et décidé que la Gauche n’était plus qu’un incongruité dépassée.
Et à chaque que nous pensions qu’ils n’oseraient pas aller aussi loin, ils ont creusé davantage la tombe de leurs propres engagements.
Ils leur fallait un sacrifice.
Ils ont pensé qu’en sacrifiant le Parti Socialiste, telle une offrande sur l’autel si peu laic de la triangulation, ils obtiendraient, dans la violence, une virginité pour se maintenir envers et contre tout au pouvoir.
Comme un hoquet de l’Histoire, de ceux qui escomptent être affranchis parce qu’ils s’agenouillent devant les puissants.

Mais on ne tue pas une idée.
Ils n’ont pas tué le socialisme. Ils l’ont abimé, dévoyé, dénaturé. Ils ont violé son Histoire et ses racines. Depuis quand devrions-nous renoncer à changer le monde parce que certains l’ont abimé ?
C’est même tout le contraire. C’est même une devoir. Éthique et historique.

Le socialisme témoigne même d’une évidente modernité. C’est même d’autant plus une urgence.
Au service du progrès. De la justice sociale.

Et ce qu’ils annonçaient être une solution se dévoile progressivement comme autant de naufrages:
Sur le chômage, sur l’économie, sur la finance, sur le logement, sur l’écologie, sur la Nation, sur l’Europe… et tant d’autres points encore.

La question n’est pas d’être « davantage » socialiste qu’un autre. Mais d’être « juste » socialiste. D’être socialiste donc de chercher à être « juste ».

Nous, nous sommes:

Je demeure « socialiste ».
Malgré eux. Face à eux.
Il est évidemment hors de question que je leur laisse l’idéal socialiste. Ils ne veulent ni le promouvoir, le défendre, ni s’en réclamer.
Je reste au service de la justice sociale. Je persiste à croire dans une autre redistribution des richesses. Et je prétends qu’une autre forme de croissance est possible. Au service du plus grand nombre.
Je suis un socialiste au sein de la Gauche. Comme je l’ai toujours été.
Ce qu’il adviendra de la marque « Parti Socialiste » est en fait anecdotique. Déjà son nom a été insidieusement modifié: sous le logo n’apparait même plus « Parti Socialiste », mais « Social Ecologie ». Comme un hommage anticipé à Notre-Dame-des-Landes…
Peut-être que la résistance interne parviendra à déboucher sur le fait que cela reste un parti pour les socialistes. Mais comment croire dans un parti qui a perdu toute forme de loyauté. Il est plombé.
Je songe à cette génération de « gens de Gauche ». Qui a tout reçu et nous laisse le chaos. En nous donnant des leçons !
Je songe aussi à celles et ceux qui ont fait les mauvais choix. Sans les assumer aujourd’hui. Peut-être même que j’en fais partie.
Nous ne pouvons plus être les commentateurs de notre propre déconfiture. Pas plus que les spectateurs de notre propre déchéance.
À nous de fixer désormais nos priorités.

Nous, nous sommes l’après:

La question qui s’impose c’est celle du débouché politique.
Ça ne peut plus consister en ce que nous « voudrions que Hollande fasse ». Il ne fera rien de ce que nous attendons. Rien de ce à quoi il s’était engagé. Ce qui avait alors justifié notre soutien.
Ça ne peut plus consister en un changement de cap politique. Nous n’avons rien à attendre d’eux.
Pas plus qu’ils n’ont à attendre de nous. C’est un divorce et pas à l’amiable.

Alors comment construire ?

Je prétends qu’il ne faut pas attendre le personnage providentiel. Nous nous sommes enkysté dans ce délire messianique. Et nous avons contribué à l’avènement d’une monarchie qui n’a même plus rien de parlementaire.
Je défends qu’il cesser de chercher « la personne » à suivre. Mais plutôt se demander ce que nous voulons fabriquer.
Pour ce qui me concerne c’est clair: une autre politique. Voire une autre manière de faire la politique.
Mais avant tout une autre politique. C’est possible, urgent et nécessaire.
Une politique de Gauche. Juste de Gauche.

Quel chemin ?

Pour ce qui me concerne cela passe par ne pas renoncer.
Pas renoncer au débat politique. Au combat politique.
Nous pourrions désigner quelqu’un à combattre. Cherchons plutôt ce que nous voulons construire.
À mon sens l’urgence est donc la question des législatives: non que je pense qu’il faille enjamber les présidentielles. Mais les présidentielles rendent fou. Et je pense qu’il faut détruire la toute-puissance présidentielle. Cela passe par un Parlement fort. Pas un parlement à la botte d’un ou d’une personne touchée par l’illumination divine. Et donc je pense que l’urgent est de choisir les bons « constituants ». Pour une constitution qui rééquilibre les pouvoirs (La 6ème République).
Mais ceci est une condition pas un débouché.

Quel débouché ?

Le débouché c’est une série de 50 mesures que ces parlementaires s’engagent à porter dans les premiers jours de leurs mandats.
Il faut donc se concentrer, au sens propre comme au sens figuré, sur cet horizon.

Quelles démarches ?

Chaque démarche est utile. Associative. Syndicale. Militante. Engagée.
La réalité c’est que toute repose souvent sur trop peu de personnes. Et trop souvent les mêmes.
Mais toutes sont les bienvenues.
Trouver la démarche qui « résonne » (raisonne ?) auprès du plus grand nombre.
Malgré toutes les contradictions:
  • Comment résoudre le fait que bien des citoyens souhaite entendre une belle histoire en moins de 140 signes ? Comment répondre à ce paradoxe, que bien des citoyens veulent autre chose que des partis, mais s’en remettent toujours aux partis… Veulent la fin du cumul et votent pour des cumulards. Veulent des politiques à la hauteur et revotent pour les mêmes.
  • La plupart des individus attend Je ne pense pas qu’il existe aujourd’hui UNE bonne démarche. Et pourtant c’est que bien des gens attendent. LA solution.
Ma démarche est simple:
  • constater et acter la rupture de Hollande, Valls et consorts avec les valeurs socialistes.
  • proposer une structure pour toutes celles et ceux qui se sentent socialistes mais en rupture avec le PS.
  • si certains veulent s’essayer à me virer du Parti Socialiste qu’ils s’y amusent. Ce Parti n’aurait jamais dû cesser d’être la maison des socialistes. Je continue de dire tout fort ce que leur résignation ne veut entendre. Jusqu’à ce qu’ils ne le supportent plus. Quitte à être leur âme damnée. Ou leur idiot utile.
  • participer de toutes les démarches de recomposition de la gauche.
Pour ma part, à l’endroit où je suis, j’affirme mon socialisme. Et je me revendique d’une gauche vivante. De celle qui ne se résigne pas à sa décomposition.
Je vais dans les prochains jours participer à deux démarches:
  • une démarche associative qui vise à ne pas laisser le socialisme à ceux qui le dénigrent quotidiennement. Cette démarche elle porte un nom : « Les Socialistes ». Comme un pied de nez. Et comme un appel qui portent comme un étendard l’idéal, les principes et les valeurs socialistes. Et s’il faut en faire un parti, nous le ferons.
  • une démarche unitaire, qui vise à faire émerger des connexions entre toutes les initiatives éparses : La Gauche Vivante. Ce n’est pas à la place, ce n’est pas en plus, il s’agit juste de faciliter les recoupements, les regroupements, les convergences.

Quel horizon ?

Je me mets au service de la recomposition de la Gauche.
Pourquoi les citoyens nous feraient-ils confiance ?
C’est bien la question. Nous avons contribué à épuiser la démocratie.
Et nous laissons un champs de ruine. La droite extrême et l’extrême-droite aux avants postes.
Doivent-ils en espérer quelque chose ? Certainement pas.
Alors pourquoi nous ?
Avant tout, parce que nous avons ouvert tant de portes au pire, que le pire ne peut que se produire.
C’est donc à nous de refermer une à une ces boites de pandore et d’ouvrir autant de pistes d’espoir, de progrès.
La France en a besoin. L’autre Europe aussi. Et cela ne peut venir que de la France. C’est bien tout le paradoxe.
Et il ne faut pas croire que parce que nous dénonçons depuis le premier jour nous serions d’une virginité immaculée. La réalité c’est que nous n’avons pas trouvé la solution. Pas plus que le courage.
Nous n’avons pas pris les bonnes décisions au bon moment. Parce que nous avons tous espéré qu’un fois touché le fond, les faits démontreraient l’urgence et la nécessité de faire autrement. Et ils ont creusé, les cons. Ils ont creusé.
Alors maintenant, cheminons ensemble. Avançons. Cessons de nous retourner sur nos échecs.
La recomposition c’est maintenant.
Nous devons ré-enchanter la politique. Ce monde est le nôtre. Personne ne le reconstruira à notre place. Il n’y a pas de fatalité à la victoire perpétuelle des forces conservatrices.
Reconstruisons. C’est la meilleure manière de les dégager.

Ce monde est à nous.

Parce que nous, nous sommes.

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