Et puis l’ogre … (épilogue)

Et puis l'ogre ... (épilogue)

Et puis l’ogre dévora un à un chacun de ses enfants…

La fable est donc en grande partie achevée. Cette fable, bien trop longue, a conduit notre ogre à dévorer un à un, chacun des enfants.
Cette fable, elle met en scène plusieurs protagonistes : l’ogre bien sûr, ceux qui l’applaudissent à chacun de ses festins, ce ne sont jamais les moins responsables. Et l’argentier. Sa tâche à lui est d’apparat : faire croire à chaque disparition que la portée est intacte. Il s’agite et s’attache à mystifier. Qu’importe. Tout ou tard, il est rattrapé. Par les faits… Un à un les enfants de l’ogre sont dévorés.

Illac en Scène:

Une belle idée, un bel enfant. Être ensemble. Partager des festivités.
Et puis la démesure.
Et un combat titanesque pour vaincre l’opacité. Trois ans, la saisie des institutions de la République, pour obtenir des informations qui auraient dû être publiques. C’est qu’il y avait choses à cacher. Et puis mettre en évidence ce que l’on pouvait aisément deviner : à avoir les yeux plus gros que le ventre, le jouet finit par casser.

Plus d’un demi-million d’euros plus tard, le rideau tombe sur la belle idée.
Nul doute que le rejeton aurait pu vivre bien plus longtemps. Aujourd’hui on nous annonce vouloir faire quelque chose de plus « mesuré ».
C’est donc qu’auparavant c’était démesuré. Ce n’est pas faute d’avoir, ici, alerté. Mais l’enfant, lui, est dévoré.

Quérandeau 2 :

Là encore, une belle idée, un bel enfant. Un lourd tribut aussi. Pour tous les écoliers, une salle de sport en moins.
Et finalement, un chantier décalé. Aujourd’hui on nous dit un an. La suite nous dira la réalité.
Déjà deux ans donc, durant lesquels, on aurait pu épargner des déplacements en bus aux élèves. Et des renoncements aux enseignants.
Parce qu’entre aller faire du sport à pied (pour Ravel, Cézanne et Monnet », et se lancer dans une expédition avec bus et compagnie, et bien parfois on fait ce qu’il y a de plus évident. On n’y va pas…
Mais il fallait bien justifier l’Uzzine. Pensez… 5.4 millions d’euros.
Alors, aujourd’hui on justifie, a posteriori, par une soi-disante présence d’amiante. Tiens donc…
Je n’aurais qu’une question : avez-vous déjà vu la démolition d’un bâtiment amianté … à ciel ouvert ?! À proximité immédiate on aura diffusé des poussières d’amiante ?
Deux choses ou l’une : soit une fois encore on nous enfume, soit nous sommes dirigés par des inconscients. À vous de cocher la bonne case.
Quérandeau 2… là encore, la démesure. Je m’en vais vous le démontrer.

  1. le marché, tel que lancé, implique, dès le départ, qu’il faudra des enveloppes supplémentaires. Pourquoi ? Parce que le marché prévoit de livrer un équipement … pas tout à fait achevé. Vous avez bien lu… et pour être précis voici les termes exacts : « la réalisation d’un plateau libre au niveau 1 pour la création future de locaux supplémentaires ». Dit autrement l’enveloppe prévue (3 490 175 € HT  – valeur septembre 2016) ne prévoit … pas la totalité du bâtiment.
    (Source : Règlement de consultation – Concours restreint de maîtrise d’oeuvre sur esquisse – Reconstruction de la salle Quérandeau)
  2. Les heureux lauréats ont découvert, chemin faisant, les intentions démesurées de l’ogre. À vouloir tout dévorer, il manque encore et toujours du budget. Imaginez donc: une salle pour dedans, mais réversible pour dehors, des équipements acoustiques dignes de Pleyel et tout est à l’avenant. À entendre les professionnels, les ambitions sont inconciliables avec l’enveloppe.
  3. Des équipements non-prévus: un quai de déchargement (lui est prévu dans le marché) c’est fait pour décharger : les décors, les équipements, etc… Et puis ça a une hauteur. La hauteur est standardisée c’est celle d’une camion de type semi-remorque… Et pour décharger, il faut … coller le cul du camion au quai de déchargement… nécessairement. Et bien regardez les voies d’accès. Pour décharger, la petite manoeuvre consistera à y aller en marche arrière depuis l’Allée du Paysan vers le quai de déchargement. Franchement il y aurait un école à proximité, il y aurait de quoi s’inquiéter. Dans le cas présent, il s’agit juste d’une école maternelle… Inutile de préciser qu’il faudra bien faire des solides aménagements (non prévus) sous peine de prendre des risques colossaux. Et pour le coup de risquer de croquer les enfants… sans métaphore aucune.

Zodiac :

Quand le bateau a des fuites, le naufrage n’est pas loin.
Et oui… quand on rachète une Uzzine, qui n’est pas faite pour être chauffée à l’intérieur, il vous suffit de faire installer des chauffages sous les toitures pour que l’étanchéité commence à se fissurer : et voici qu’arrivent les premières dépenses lourdes pour ce qui devait être le plus beau des nouveaux-nés.

C’est que le bébé est lui-même devenu un ogre : initialement annoncé à 2,6 millions d’euros (bulletin municipal mai 2015), le bébé glouton phagocyte finalement plus de 5 millions d’euros… Quand la « bonne affaire » tourne à l’indigestion.

Au point qu’on ne sait plus très bien qui du bébé ou de l’ogre finit par engloutir l’autre.

 

 

Alors, devant tant d’adversité, il faut alimenter, gaver. Et prendre la pitance où elle est : tantôt dans la poche des illacais, tantôt dans le patrimoine des illacais.
Les deux mamelles seront : la fiscalité et les espaces verts.

La fiscalité :

Dévorée…
Souvenez-vous : sitôt arrivé, l’annonce est faite d’une baisse de la fiscalité. L’état des comptes d’alors le permettait. C’était même au coeur de l’éditorial du premier mag de la nouvelle équipe fraichement arrivée !
Pour dire vrai, je n’ai pas de problème avec la fiscalité. Si c’est pour faire des projets concrets, correctement dimensionnés, cela permet aux habitants d’un territoire de disposer d’un vrai niveau de services publics et d’équipements publics durables. Le problème c’est quand on fait de la baisse de la fiscalité un argument électoral et ensuite, arrivée à mi-mandat, pour faire face à des dépenses inconsidérées, appeler les citoyens illacais en quasi « comblement de passif ». A fortiori quand l’apprenti argentier se croit obligé d’ajouter que les « illacais en ont les moyens ». Dans ce cas – à part pour se faire élire – pourquoi les avoir provisoirement baissés ?

Alors, une fois tout l’argent englouti, une fois les cagnottes grignotées, pas d’autres moyens, pour avoir du rab’ : on demande aux illacais de cotiser.

On pourrait penser que c’est assez. Que suffisamment d’enfants ont été engloutis… Que nenni…

 

Les espaces verts:

C’était il n’y a pas si longtemps. Le temps d’une campagne électorale… on s’élevait contre la « vente du patrimoine local ».  Mais aujourd’hui pour nourrir l’ogre qui consomme sans limite, il faut bien alimenter la machine. Qu’à cela ne tienne. Vendons ! Spéculons !

Ces parcelles, confiées à la Ville, de longue date, par des habitants confiants, pour en faire un patrimoine commun et partagé, devient la variable d’ajustement des projets « démesurés » (pour reprendre les termes de l’apprenti argentier).

Et quand on n’arrive pas à les vendre, parce que tout cela ne parait pas très réglementaires aux yeux de la loi (suffisamment en tout cas pour que l’affaire ne soit pas classée sans suite), et bien on va les grillager ! Car d’après l’édile ces espaces qui furent confiés pour être partagés sont désormais « des biens privés » (sic). Lunaire.

Vous pensez qu’on a fait le tour ? Forcément non. Car l’ogre n’a pas de limite.

Alors la dernière en date, je m’en vais vous la conter. L’information est publique et elle nous a été délicatement partagée lors du dernier Conseil Municipal. Elle figurera donc dans son PV, prochainement disponible sur le site internet de la Ville. Voyez plutôt.

C’est l’histoire de deux parcelles : section C 1501 et C1501.  À elle deux, 4200 m2. Nous sommes au lieu-dit Le Libraire.
La belle histoire débute apparemment en janvier 2015 : ces parcelles sont cédées à titre gratuit à la Ville de Saint-Jean-d’Illac. Jusque-là tout va bien.
Et puis l’ogre a besoin de fraîche. Qu’à cela ne tienne! Vendons !
À qui ? Ben, aux riverains !… Euh oui, mais ils l’ont quand même céder à la Ville gratuitement… Waaarf ne nous arrêtons pas aux détails, l’ogre a faim !
Très bien… faisons donc évaluer ce bien… Chose faite auprès de France Domaine… Nous y voilà… : 65 €/m2.

Parfait. Par la délibération 2018-26, seront donc vendues les parcelles à …150 €/m2 !!
Non, il n’y a pas de fautes de frappe : on vend bien à ceux qui ont gracieusement donné le terrain, avec une culbute de… 230% !!

C’est là où on comprendre que le cynisme de l’ogre n’a aucune limite.

Bien sûr à ce tarif là, au moins l’une des ventes se traduira pas de la parcellisation. Vous savez celle-là même qu’on prétend combattre…

Oui, mais l’ogre a faim…

 

Et au fait :  soyez attentifs d’autres joyeux lardons arrivent: Conservatoire de l’Aéronautique, équipement nautique (annoncé lors de la réunion de la ZAC), et quelques autres arrivent…

Mais dormez illacais… puisqu’on vous dit que vous avez les moyens !

Après tout ce n’est que l’histoire banale d’un ogre qui grogne, parfois fort. Mais qui après avoir dévoré chacun de ses enfants, se demande bien ce qu’il va encore pouvoir engloutir. Jusqu’à ce que…

NB/ Je précise que je revendique dans cet article l’usage de ce qui fait le coeur des contes: la métaphore. Comme je ne suis pas La Fontaine, je précise qu’elle m’a été inspirée par la lecture d’une fable dans l’un des livres de contes de mes petits (ça fait flipper d’ailleurs). Pour être encore plus précis, vu mon propre embonpoint, je préfère anticiper et préciser qu’il ne faut y voir là aucune attaque sur le physique des personnes. Merci de la vigilance et de la bienveillance de chacun.

 

3 commentaires


  1. Très bon article Gérald.


  2. Très bon article merci Gérald

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