Lorsque les masques tombent… Épilogue.

Lorsque les masques tombent... Épilogue.

Quasiment un an jour pour jour après ma première demande, les chiffres de Illac-en-Scène 2, édition 2016 m’ont enfin été remis. Un vrai parcours du combattant. Monsieur Hervé Seyve semble plus prompte à brader le patrimoine de la commune qu’à répondre à ses administrés. Je vous le dis, Koh-Lanta à côté c’est de la rigolade !
2 visites en mairie, un joli tas de courriers recommandés, deux recours à la Commission d’Accès aux Documents Administratifs, pour enfin obtenir un peu de transparence sur cette opération.

Ce qui a été (enfin) obtenu:

Par rapport à mes demandes initiales j’ai pu obtenir tout ce qu’il est impossible à masquer: ce qui a donné lieu à des factures. Cela représente 321 603,66 € TTC (j’annonçais dans un article du 15 août 2017 un coût de 286 000 €… qui m’avait valu des noms d’oiseaux à l’époque.)

 Ce que je n’ai pas réussi à obtenir:

Tous les coûts masqués :

  • les factures délicatement intégrées à des marchés existants : c’est notamment le cas de la communication (impressions bâches, réalisation sites internet, affiches etc…)
  • les temps de travail des agents municipaux

Hervé Seyve s’était engagé à fournir un analytique. Nous savons ce que valent ses engagements.

Le bilan financier:

Dans mon article du 3 décembre 2016 « Au bal masqué », j’écrivais

Lors du Conseil Municipal du 03 octobre 2016, (cf p.34 PV de ce Conseil Municipal), Hervé Seyve déclare: « Nous maintenons comme évènement phare de notre saison culturelle le festival d’Illac en Scène. On peut dire que le résultat est déficitaire de 60 000 € ».

En réalité ce déficit n’est évidemment pas de 60 000 euros « tout rond » mais de 118 458,32 €* TTC et en réalité de 148 407,92€ TTC si on y ajoute les travaux de terrassement des Badines. Soit un déficit réel du simple à plus du double !

Si on y intègre les autres coûts masqués, nous sommes certainement du simple au triple !

Qu’est-ce que cela nous apprend:

La billetterie nous indique 2026 entrées payantes.
Souvenons-nous: dans le Sud-Ouest du 25 juillet 2016, Hervé Seyve tablait sur 5000 à 6000 spectateurs.
Mais plus grave: lors du Conseil Municipal du 3 octobre 2016 (p.33) soit 2 mois après la manifestation, Hervé Seyve explique:

« Nous avions ciblé 5 000 spectateurs, nous sommes arrivés à un tout petit peu plus de 4 000. »

Soit une fréquentation gonflée du simple au double !

Mais par exigence éthique, j’ai été voir du côté des invitations, étrangement absente de ce tableau… alors que les chiffres sont pourtant très intéressants… 888 invitations distribuées : 604 debout et 284 assises. Record battu!
Ce sont plus de 800 places d’une valeur moyenne de 38 euros qui ont été distribuées… À qui ? comment ? Sur quels critères ? Mystère.
En tout c’est près de 33 744 € qui ont été distribués au bon vouloir du prince. Et aux frais du contribuable. Mais il semble qu’il fallait éviter à tout prix l’impression de « vide ».

Et au-delà des chiffres ?

1- L’absence de transparence:

  • Pas de transparence des coûts: il n’est pas normal de fournir des informations fausses lors des Conseils Municipaux. Au mieux c’est délibéré, au pire c’est de l’incompétence.
  • Pas de transparence dans la fréquentation: la distribution des invitations n’est discutée nulle part, et relève du fait du prince. Les chiffres de la billetterie payante annoncés à la presse et aux conseillers municipaux sont faux. Au mieux c’est délibéré, au pire c’est de l’incompétence.
  • Pas de transparence des procédures (pas d’appels d’offres ouverts): pourquoi choisir tels prestataires ? pourquoi sont-ils ensuite éconduits ? Quels sont les critères de choix (prix ? performance ? connaissances personnelles ? marchés existants ?)
  • Pas de transparence dans les choix artistiques: en l’absence de commission chargée de travailler la programmation, les contenus, c’est le retour aux fêtes données par le prince… (avec l’argent des loyaux sujets tout de même)

Il en résulte que la culture qui devrait créer l’ouverture sur le monde produit de l’opacité pour les illacais.

2- L’absence de stratégie culturelle:

  • Quel lien avec les écoles ?
  • Quelle articulation avec une « saison culturelle » ?
  • Quel lien avec les pratiques musicales à Saint-Jean-d’Illac ? Aucune masterclasse, aucune rencontre musiciens invités / élèves des écoles de musique, etc…

3- Quels impacts pour les illacais.e.s ?

Positifs:

  • Une certaine fierté que quelque chose se passe chez eux, c’est indéniable. Mais à quel prix ? Au prix de quelles augmentations de toutes les prestations tout au long de l’année ? Au prix de quelles absences d’offre culturelle toute l’année ?

Négatifs:

  • Routes barrées, circulations interdites
  • 938 illacais.e.s concerné.e.s en 2016 pour une population de plus de 7400 habitants. (d’après les chiffres fournis par la mairie)

4- Quels retours pour Hervé Seyve ?

  • 4 passages TV
  • 13 articles de presse
  • 888 invitations distribuées.

Peut-être que la raison principale de cette édition de Illac en Scène est là!
Et si tout cela n’était qu’une opération de communication personnelle ?

En conclusion:

L’accès à la culture et la culture en général n’ont pas vocation à produire des excédents. La question culturelle peut même avoir un coût pour la collectivité. Il s’agit, tout comme l’éducation, d’un investissement. Pour l’ouverture sur les autres, l’ouverture sur le monde.
Le souci dans le cas présent, au-delà de l’opacité (pour ne pas dire les mensonges) qui entoure Illac-en-Scène, c’est:

  • l’accessibilité financière de la manifestation pour les illacais alors qu’ils en sont les principaux financeurs.
  • le coût de la manifestation au regard des autres choix financiers dans la ville (vente d’espaces verts, augmentation des tarifs des services municipaux, …)
  • l’ambition disproportionnée au regard de notre commune.
  • le fléchage de l’essentiel du budget « culture » sur cette seule opération.
  • la blocage de l’espace vert des Badines pour cette seule opération, le rendant inutile, inutilisable et inutilisé par les illacais tout au long de l’année. Et pendant ce temps, Hervé Seyve brade les parcelles qui créent de la respiration dans les zones d’habitation.
  • la confusion entre une action culturelle et une opération de communication personnelle du Maire.

Ce n’est donc pas le principe d’une manifestation culturelle qui est remis en cause.
Mais le détournement que Hervé Seyve a choisi d’en faire.

 

* les chiffres donnés dans le document n°7 sont exprimés en HT (cf report du HT de la billetterie).

Résumé de ce grand moment épistolaire:

  1. Courrier de demande d’accès aux documents et informations liés à Illac-en-scène 2 – Août 2016
  2. Réponse Mairie Consultation Documents – septembre 2016
  3. Courrier au Directeur Général des Services SJI – octobre 2016
  4. Réponse Monsieur Hervé Seyve – décembre 2016
  5. Absence de réponse – Saisie de la CADA – Avril 2017
  6. Réponse de la CADA (après injonction au Maire de fournir les éléments) – Juillet 2017
  7. Courrier de Monsieur Hervé Seyve répondant partiellement aux demandes – Juillet 2017
  8. Saisie conjointe de la CADA et de Monsieur Hervé Seyve pour obtenir les réponses manquantes – Août 2017
  9. Réponses complémentaires de Monsieur Hervé Seyve – Août 2017

 

 

 

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