En route pour un Élisagate ? [épisode 2]

En route pour un Élisagate ?  [épisode 2]

Résumé de l’épisode précédent: Élisa Aérospace est une école d’ingénieur qui a décidé de venir s’installer à Saint-Jean-d’Illac après moults affrontements avec les collectivités en Hauts-de-France. Mr le Maire a décidé de lui octroyer des avantages en nature à titre gratuit que l’on peut évaluer à 100 000 euros. Vous pouvez lire l’épisode précédent en cliquant sur ce lien


Ma lettre à Élisa ♫♫

Les bans, directement publiés dans la presse régionale, auraient dû nous mettre la puce à l’oreille. Mais je n’avais pas, chère Élisa, d’a-priori sur cette nouvelle love-story. Et contrairement à la chanson de l’ami Gainsbourg, je n’avais pas l’intention chère « Élisa », d’aller jusqu’à « chercher les poux« . Oui mais voilà, chère Élisa, notre édile à l’idylle dispendieuse. Et secrète. Pour ne pas dire opaque.

Au lieu de présenter les choses, simplement, proprement, pour que nous puissions faire connaissance en douceur, la technique d’approche de notre Maire, si elle est certainement fougueuse avec toi, ressemble à un mariage forcé à notre endroit.

Entre Tartuffe et Cyrano : pour les yeux de la belle Roxane

C’était il n’y pas si longtemps : le Lundi 25 septembre 2017.
En toute hâte, le Maire, par la voix de son adjoint à l’urbanisme, Jean-Pierre Allemand, a engagé une « mise en compatibilité du Plan Local d’Urbanisme dans le cadre d’une déclaration de projet » [délibération 2017-64]. « C’est la condition première » des épousailles nous expliquait le zelé adjoint. Pour se déjuger quand le mois de juin vint. Point besoin de modifier pour s’épouser. Ça sentait déjà bon la clarté…

Au cours de ce conseil municipal de septembre 2017, l’amoureux transi semblait s’être amouraché d’une mystérieuse Mata Hari comme le démontre cet échange :

Dominique BEYRAND : Pourquoi ne nous présentez-vous pas le projet ? Vous pouvez le présenter aux élus, d’une part, mais vous pouvez aussi le présenter aux Illacais parce qu’après tout, c’est quand même un enjeu important pour eux. Nous parlons de 650 personnes, ça peut être passionnant. Vous avez cité des éléments qui peuvent être tout à fait intéressants, vous avez parlé d’Illacais qui iraient dans cette école, pourquoi pas, mais c’est quand même 650 personnes, ce n’est pas un petit projet. Je pense donc que les Illacais devraient avoir accès à tous les documents et vous pourriez organiser une réunion là-dessus.

Jean-Pierre ALLEMAND : Je ne vous donne pas plus d’éléments parce que je n’en ai pas plus que cela. Aujourd’hui, le projet est une ébauche.

Mais qu’importe lors de ce même Conseil Municipal, l’adjoint, ne comptant pas ses efforts pour jouer les marieurs, s’engage même :

Jean-Pierre ALLEMAND : Oui, je vous présenterai le sujet. Je vous présenterai le projet au fil de son développement.

Si ce n’était quelques évocations dans la presse locale, nous aurions même pu penser, chère Élisa, que tu t’étais volatilisée.
Que nenni ! En secret se tramait un véritable mécano pour que, vaille que vaille, se déroulent les épousailles.
Nous voilà rendu au moins de juin 2018, et nous découvrons que vous étiez en train de fabriquer un joli petit nid.
Mais que c’était  par les illacais que la dote était fournie…
100 000 euros de cadeaux en apports de locaux.

Nous pensions avoir fait le tour… l’adjoint zélé s’étant engagé… mais c’était sans compter sur le culte de l’opacité, chère à cette municipalité !

L’utilisation de biens communaux à des fins privées :

Et là, nous avons mis la main sur l’Élisagate !

Les informations que l’adjoint s’était engagé à communiquer… aucune visibilité.
Et pourtant… elles changent clairement la donne ! Songez plutôt :

En réalité les 100 000 euros de locaux était la partie émergée de l’iceberg…
Sur cette emprise municipale, ce n’est plus un nid
mais une véritable fourmilière qui se construit…:

  • on y découvre en plus des aménagements intérieurs, des travaux d’électricité pour « sécuriser notre matériel informatique et nos établis pour les TP et imprimantes 3D. » (est-ce à dire que l’installation actuelle ne l’est pas, sécurisée…? )
  • on y découvre l’installation de locaux modulaires avec (tenez-vous bien):
    • La préparation du sol
    • La préparation des parkings
    • Le chemin d’accès
    • L’éclairage du chemin
  • Et … la « mise en place d’une passerelle pour relier nos 2 espaces » : c’est l’ÉlisaGate !

Et, tu as, chère Élisa, l’amour expéditif ! Tu annonces d’un trait :

Toutes les installations sont organisées et planifiées afin d’être complètement réalisées fin juillet et ainsi de passer des vacances sereines. Les 1ers équipements seront livrés le 6 juillet ce qui permettra de commencer l’installation des salles techniques dès cette date.

Je n’ose croire, chère Élisa, que tu puisses être aussi affirmative sans l’assentiment de ton hôte amoureux !

Mais de quelle duperie sommes-nous alors les victimes collatérales ?

  • De l’adjoint qui s’engage à tenir au courant ses administrés et qui, délibéré-ment ?
  • Ou d’annonces présomptueuses de ta part pour rassurer tes futurs clients ? (pardon, étudiants-clients / parents-clients) ?

Pour les illacais, c’est la rigueur. Pour Élisa, c’est le flambeur :

C’est qu’il faut nous comprendre, chère Élisa : pendant que le Maire te fait la danse du ventre pour t’attirer, t’ouvre grandes les portes de notre commune, te livrant patrimoine communal sur un plateau (même pas pour le symbolique euro), t’autorise à faire des travaux qu’il se refuse à entreprendre pour nos propres écoles, te permet de faire des chemins d’accès quand nous ne parvenons pas à refaire nos routes, et bien, vois-tu pendant ce temps, il brade nos espaces verts, en grillage une bonne partie, et pour le reste les lotit.
Et nous explique… que c’est la faute de la baisse des dotations.

Et puis tu sais, ici la vie des associations est dure :

  • moins de moyens,
  • des conventions qui ne sentent pas l’amour-passion mais plutôt l’injonction,
  • l’obligation d’inscrire dans les comptes chaque apport en valorisation (je me réjouis de voir les 100 000 euros dans les tiens d’ailleurs)

Alors comme toutes les associations, je ne doute pas que tu devras faire des choses pour le territoire local:
j’ai cherché partout sur tes documentations… je n’y ai pas même trouvé une allusion… tu comprends ma désillusion…
Je sais ce que nous t’apportons. Nous ne savons rien des compensations.

Une larme pour une association… qui peut investir 24 millions !

Alors nous savons, Élisa, que tu n’es pas vénale. Que tu n’as pas le sous. Puisque tu es une association.
En tout cas, c’est comme cela que ce sont faites les présentations.
Et c’est même dans la bouche du Maire, une citation…

Alors on te plaint. Parce que tu vas, sans aucun doute, devoir te couvrir de dettes. Puisque tu annonces un plan d’investissement de près de 12 Millions €. Puis 4 ans plus tard… à nouveau 12 Millions d’€. C’est soit que le business qui tu imagines faire dans notre bonne ville est énoooorme, soit qu’il y a quelques réserves financières qui te permettent de voir l’avenir en rose. À moins que tu attendes énormément des collectivités…

24 millions d’€ … à ton avis, Élisa, il faut combien de fonds propres et quel type de business-plan pour obtenir un tel emprunt ?
Mais étrangement, notre apôtre local, Fabrice Guillemet, qui se dit grand financier, ne semble pas s’en être inquiété.
Il aurait pourtant eu de quoi te demander le paiement, pour l’occupation des locaux municipaux, de près de 100 000 euros.
Cela aurait même pu limiter l’augmentation de nos impôts locaux.
Mais il préfère pleurer sur la baisse des dotations que de faire
offense à la nouvelle idylle du Maire.

Que voulez-vous … Le Maire est amoureux… une fois encore.

Tu vois Élisa, je n’ai rien contre toi.
Mais je vais quand même aller chercher… parce que les amourettes de l’été, ça commence à coûter cher aux illacais.

 

Note aux lecteurs: les informations fournies dans cet article proviennent de la newsletter de Élisa Aérospace disponible sur leur site.
Difficile de faire plus officiel…

newsletter-n7

5 commentaires


  1. Monsieur Elbaze.
    Puisque vous prenez la liberté de me citer je vais m’autoriser un bref commentaire, plus ou moins zélé.
    Les engagements que j’ai pris lors d’un conseil municipal de septembre 2017 devant mais pairs réunis en séance ont été tenus.
    Lors d’une récente commission PLU en date du 28 mai j’ai communiqué sur l’avancement du projet Elisa.
    M. Beyrand, que vous citez aussi sans toutefois le qualifier de zélé, était présent ainsi qu’un autre élu de votre obédience que vous ne citez pas et que je ne nommerai donc pas.
    La communication ne semblant pas plus transparente que vous le souhaitez entre vous, j’ose cette petite mise au point.
    Après cela je n’irai pas plus avant dans mon commentaire car vous semblez polémiquer aisément tout seul.
    Vous noterez que je n’emploie à votre égard aucun qualificatif.


  2. Post scriptum
    Vous voudrez bien excuser ce « mais » malencontreux, sans doute lié à un peu de stress.
    Probablement un agacement lié à une seconde charge de votre part me supposant menteur, la précédente me qualifiant d’abruti.


  3. Post scriptum
    Vous voudrez bien excuserez ce « mais » malencontreux. Sans doute un peu de stress lié à une seconde charge à mon égard me supposant menteur. La précédente me qualifiant d’abruti cela commence à peser.


  4. Cher Jean-Pierre Allemand.
    Avant tout je vous remercie de répondre en votre nom propre. C’est une chose qui se perd actuellement avec la multiplication des réactions planquées derrière des profils anonymes. Convenons donc qu’en le faisant par cette manière cela participe à un exercice démocratique plus loyal.
    Pour le reste :
    1- l’engagement de fournir les informations quant aux avancées du projet n’étaient pas seulement devant vos pairs, mais devant les illacais. Il ne vous aura pas échappé que le Conseil Municipal, sauf à se tenir à huis-clos ne se limite pas à vos « pairs ». Vous savez, ces gens, au fond de la salle, qui tente, tant bien que mal de suivre les délibérations, qui tente de lire des chiffres en caractère 8 projetés en flou de l’autre coté de la salle pour être sûr que personne dans le public ne puisse les lire, ceux que votre maire menace de les faire évacuer parce qu’il n’apprécie pas leurs vêtements, vous savez ces gens qui vous avez fait le choix pour la première fois dans l’histoire de cette commune de parquer derrière une chaîne, histoire de bien montrer qu’un monde nous sépare… ça s’appelle les citoyens et c’est aussi et surtout eux qui sont vos administrés.
    Le conseil municipal n’a pas vocation à être un « entre-soi » dans lequel le dialogue se limite à celles et ceux qui sont autour de la table.
    Et donc votre engagement de fournir les informations a aussi été pris devant ces gens-là. Donc, sans offense votre argument ne tient pas déjà pour cette raison.
    2- vous dites avoir tenu au courant de l’avancée du projet en commission. Vous n’ignorez pas, après plusieurs années de mandat, que les informations fournies en commission ne peuvent faire l’objet d’aucune communication extérieure. Donc je ne vois pas en quoi le fait d »avoir de tels échanges en commission répond à votre propre engagement. Si tant est qu’il y ait eu communication en commission. Réellement je veux dire. En conséquence de quoi vous devriez vous réjouir que Dominique Beyrand n’ait rien transmis sur ce sujet. Sans quoi il aurait été en faute. Voyez-vous c’est même la différence entre la communication et le respect des règles. Un sujet qui mériterait sans nul doute de longs développements.
    3- Si tout ce que j’ai évoqué dans cette série de 2 articles n’est pour vous que polémique, alors permettez-moi d’être inquiet. Vous devriez vous servir de ces quelques alertes pour vous interroger sur ce qui se joue avec Elisa Aerospace. Il est assez étonnant que les alertes de vos propres collègues élus, du même bord politique que vous, ne suscite pas chez vous la moindre interrogation. C’est flippant pour le reste de ce qui est géré par cette municipalité. Et c’est normalement toute la vertu de l’exercice démocratique: développer une analyse différente ne se limite pas à de la polémique, mais aussi à la question de multiplier les points de vue sur un même sujet. De les confronter. Puis d’en tirer ce qu’il y a de mieux pour le territoire et ses habitants. Mais manifestement vous êtes sûrs de vos certitudes. Soit…

    Post-scriptum :
    1- Quand vous dites que vous ne disposez pas d’information et que l’on constate, qu’il y a déjà plusieurs mois, des documents d’Elisa circulaient, reconnaissez qu’il y a de quoi se poser des questions. Soit vous n’en disposiez pas et dans ce cas on peut se poser la question sur l’attitude de cette structure à votre endroit. Soit le projet n’était pas si flou que cela.

    2- Quand aux qualificatifs employés, je redis ce que j’ai déjà écrit précédemment : soit vous disposez de tous les éléments et dans ce cas on nous prend pour des abrutis. Soit vous ne disposez qu’au fur et à mesure des éléments, les décisions sont prises ailleurs et on vous les fait porter et dans ce cas vous nous rejoignez dans le camp de celles et ceux qu’on prend pour des abrutis.
    Il n’y a donc aucune insulte à y lire, puisqu’au pire des cas, nous partageons le si douloureux qualificatif.
    Dans les deux cas, tout cela est très déplorable et terriblement daté comme manière de conduire une collectivité.

    Enfin, il convient de faire la différence entre la charge qu’est la vôtre, celle d’adjoint et l’homme.
    Je tente, même si l’exercice n’est pas facile de questionner ce que vous faites, es qualité. C’est le corollaire de toute activité publique.
    L’homme, je le connais peu. Donc aucune raison de la qualifier. Si ce n’est qu’une personne qui consacre du temps à la chose publique mérite toujours – a priori – respect.
    Faire la différence entre la personne et la fonction … indispensable lorsqu’on exerce un mandat il me semble.
    Tout comme informer celles et ceux qui vont l’on donné, ce mandat…


  5. Post-Scriptum (le mien) : cher Jean-Pierre Allemand : sinon vous trouvez normal qu’une structure capable de 24 millions d’€uros d’investissements, bénéficie de locaux permanents à titre gracieux sans la moindre contrepartie, alors qu’on demande à des associations qui n’ont aucune ressource de s’impliquer dans la vie locale et dans les services aux habitants en contrepartie des salles municipales occupées très temporairement ??
    (alors même que c’est une obligation faite à la collectivité que de fournir des salles aux associations…)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *